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Newsletter n°26 : PAC, Tereos, colza, durabilité et aide alimentaire

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Bonjour,

Le début de cette année reste marqué par une forte actualité en matière de PAC. Alors que les trilogues sont encore en cours et qu’il reste de forts points d’achoppement entre le Conseil des Ministres et le Parlement Européen, Eric Andrieu, Député européen et Frederic Courleux, son assistant parlementaire, membres du Comité d’Orientation stratégique d’Agriculture Stratégies, nous offrent un point détaillé des positions votées par le Parlement en octobre dernier dans cet article « PAC, volet Plans Stratégiques : les principaux enseignements du vote du Parlement européen ».

L’action du Parlement  permettra-t-elle d’améliorer une réforme de la PAC bien mal engagée au regard des enjeux mis en avant par le Green Deal ? La Commission se défausse de sa responsabilité en délégant aux plans stratégiques nationaux (PSN) la charge de définir et d’atteindre des objectifs de plus en plus diversifiés voire antagonistes. Nous remettons ainsi en question les plans stratégiques nationaux : attentes multiples et gestion alourdie pour un résultat incertain ; cette nouvelle strate de la PAC, qui nécessite en plus de prendre en compte l’avis public sur un sujet déjà complexe, et qui rallonge encore le processus législatif a-t-elle finalement un réel intérêt ?

Les analystes du monde agricole auront également suivi avec passion les épisodes du conflit interne qui a agité la coopérative sucrière Teréos. Xavier Hollandts, professeur d’entrepreneuriat et stratégie à KEDGE BS nous livre ici son analyse de la Crise de gouvernance chez Tereos : un épisode final riche d’enseignements. Au-delà de l’analyse d’une situation particulière, cet article permet de s’interroger sur les raisons qui peuvent faire évoluer la gouvernance d’une coopérative (sans qu’il ne s’agisse d’une fatalité) vers une fracture entre dirigeants et coopérateurs.

Alors que la dérogation sur les néonicotinoïdes pour la betterave semble avoir sauvé les emblavements 2021, l’horizon s’annonce sombre pour le colza. Entre impasses techniques et météo défavorable, cette production est aussi victime collatérale d’un changement politique en défaveur des véhicules diesels. Avec à la clé des conséquences multiples, agronomiques comme économiques. En effet, le colza a jusqu’alors été la clé de voûte des systèmes céréaliers des zones défavorisées, et la suppression continue des matières actives associée à des conditions climatiques plus extrêmes impliquent une transformation profonde des systèmes d’exploitation qui ne pourra se limiter à une simple substitution de culture au sein d’une rotation simplifiée.

Pourtant, ce constat n’empêche pas la Banque Mondiale et l’OCDE de recommander d’intensifier l’agriculture pour réduire les émissions de GES, redéfinissant ainsi la « durabilité » : pour nourrir une population toujours plus nombreuse à partir d’un nombre d’hectares limités, il vaudrait mieux augmenter productivité que défricher. Prôner l’intensification pour réduire les émissions de GES via l’augmentation du recours aux engrais revient pourtant à augmenter la production de protoxyde d’azote, un gaz au pouvoir réchauffant 300 fois supérieur à celui du CO2.

La croissance rapide de la pauvreté suite à la crise de la Covid 19 fait de l’aide alimentaire un soutien de plus en plus nécessaire. Alors que les Etats-Unis ont largement mobilisé les invendus issus de la production agricole en créant un système de distribution en plus des systèmes déjà existants, l’Europe et la France restent très largement en retrait, les crédits consacrés à l’aide alimentaire étant 150 fois inférieurs à ceux mobilisés par les Etats Unis.

 

Bonne lecture,

 

Jacques Carles, Président d’Agriculture Stratégies

Le 9 février 2021

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