Notre credo

Les intérêts agricoles, agro-alimentaires et plus largement ruraux sont insuffisamment considérés comme des atouts stratégiques dans nos sociétés développées …

Il faut renouveler l’expertise en matière de politiques agricoles pour faire évoluer nos représentations et trouver les solutions aux défis du 21ème siècle

 

La croissance démographique est le principal facteur qui détermine le contexte géostratégique international. En un siècle et demi, de 1900 à 2050, la population du globe sera passée de 1,5 à 10 milliards d’habitants.
Ce big bang a eu des effets économiques, sociaux et environnementaux stimulés par des progrès technologiques exponentiels avec l’expansion sans limite des moyens de calcul.
Les lignes de forces qui portent les Nations et les lignes de fracture qui les précipitent dans les crises constituent les mouvements qui font émerger les nouvelles puissances économiques et militaires.
Les risques de déstabilisation sont planétaires : les phénomènes migratoires massifs, le réchauffement climatique, les écarts grandissants de richesse et le terrorisme.

Dans cet environnement en constante mutation, la sécurité alimentaire mondiale et son corollaire la souveraineté alimentaire des peuples, sont des objectifs de stabilité prioritaires.
C’est pourquoi l’agriculture et les industries agroalimentaires sont au cœur des défis du 21ème siècle.

Satisfaire des besoins alimentaires et non-alimentaires croissants, lutter contre la pauvreté, éviter les phénomènes de spéculation déstabilisants, protéger l’environnement et la biodiversité constituent autant d’objectifs impérieux pour la communauté internationale.
C’est ainsi que depuis la crise alimentaire de 2008, tous les pays renforcent leurs politiques agricoles et alimentaires … sauf l’Europe qui a « déclassé » l’agriculture, faute de volonté politique et de vision à long terme.
Et les crises successives qu’elles soient alimentaires, financières ou économiques attestent des limites du modèle de pensée hérité des années 1990.

Or les marchés agricoles sont structurellement instables et les prix des matières premières agricoles très volatils ce qui crée des crises à répétition et une grande précarité pour les agriculteurs.

Cette situation est dommageable à tous les niveaux :

  • pour les agriculteurs, notamment ceux de pays dont la politique agricole est insuffisamment robuste : Europe, Afrique, Moyen Orient ;
  • pour les entreprises et les coopératives de l’agroalimentaire, qui ont besoin d’une visibilité de long terme pour investir, innover et se développer ;
  • pour les Etats qui devraient optimiser leurs atouts pédoclimatiques et économiques en arbitrant le bon degré d’ouverture afin d’assurer leur sécurité alimentaire.

Car l’illusion de l’ouverture systématique des marchés agricoles a fait long feu avec le cycle de Doha à l’OMC et, du fait de leur instabilité, l’utilité des politiques de régulation publiques apparait comme indispensable. Le marché doit, ainsi, rester la référence, mais des régulations doivent palier ses dysfonctionnements.
Dès lors, un nouveau multilatéralisme en matière agricole qui permette de penser les coopérations entre des politiques nationales stabilisatrices et durables, est à construire.